jeudi, mars 22, 2007

Ma vie (14)

La suite du récit nous entraîne de nouveau en Orient, où Henri repart peu après son retour d'Amérique, pour prendre part lui aussi au commerce d'Antiquités, activité des frères Kouchakji à présent dirigée par Fahim, son frère aîné.
En quelques lignes, il nous raconte d'abord comment il échoua à obtenir le poste de conservateur du musée de sa ville natale, auquel il aurait pourtant pu prétendre à l'issue de sa formation à l'Ecole du Louvre. Avec Jean-Sylvain, nous avons retrouvé, dans les archives de l'Institut français du Proche-Orient à Beyrouth des courriers venant confirmer les rapides allusions d'Henri. J'essaierai de les publier sur le blog dès que j'aurai mis la main sur un scanner.


Ma vie (14) / H.K. (1932)

Dès mon retour d’Amérique, je perdis mon père et briguai le poste de Conservateur du musée d’Alep, mais la Syrie étant à cette époque sous mandat français, le Haut Commissaire, Monsieur Seyrig, avait reçu des directives pour mettre à la tête des divers musées syriens des personnages princiers. Ainsi Beyrouth et Damas avaient, l’un le prince Maurice Chehab, l’autre l’émir Abd el Kader, tous deux mes condisciples à l’Ecole du Louvre. Je ne pouvais donc occuper le poste d’Alep, n’étant pas prince. J’en eu beaucoup de ressentiment mais le temps s’écoulant, j’oubliai cette injustice à mon égard. Je fus alors mandaté par mon frère aîné pour acheter des antiquités. Je pris aussitôt le bateau à Gènes, passai par Naples, m’arrêtai à Athènes où je visitai le magnifique musée et l’Acropole, longeai les Dardanelles et le Bosphore et m’arrêtai à Constantinople où je suis resté trois jours. J’y ai admiré les divers monuments, le sérail et surtout Sainte-Sophie qui est bien la plus admirable église existante, Saint-Pierre compris – la coupole immense et les mosaïques sont vraiment ce qu’il y a de plus extraordinaire. Ensuite je m’arrêtai à Rhodes, cette île magnifique qui fait face à l’Asie, puis à Mersine avec la campagne parsemée de colonnes antiques – Alexandrette et Antioche qui n’a plus rien de la célèbre Antioche des premiers siècles – Beyrouth et Alep où j’arrivai le soir. J’y résidai pendant six mois, visitant la ville et m’intéressant aux fouilles de la citadelle qui est la plus importante de la Syrie, avec des créneaux et des monuments remontant à la période hittite. Alep a les plus beaux bazars du monde, c’est une ville entière couverte où passent les foules bigarrées et où l’on trouve de tout. Aucune ville n’est restée aussi orientale même Damas. Les cavaliers arabes y sont magnifiques avec leur monture. Les murs d’Alep sont souvent incrustés de pierres antiques ; l’air y est d’une pureté inimaginable. Les environs renferment de vieilles églises dont « Djabal Samaan », grande basilique du 5e siècle, refuge de Simon le stylite qui est resté sur une colonne pendant 30 ans.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

CECI N'EST PAS UN COMMENTAIRE, MAIS UNE REQUÊTE À PROPOS D'ARCHIVES POSSIBLE DE FAHIM KOUCHAKJI

Marc GABOLDE
Maître de Conférences habilité à diriger des recherches,

Université Paul Valéry – Montpellier III,
Centre François Daumas
Équipe Égypte nilotique et méditerranéenne – UMR 5140
Route de Mende
34199 MONTPELLIER Cédex 5
téléphone : 04 67 14 24 79
06 01 71 64 91
e-mail : marc.gabolde@univ-montp3.fr

Bonjour Madame Cecile Kouchakji,

En essayant de retracer l'histoire d'une figurine en ivoire de jeune femme de l'époque amarnienne, j'ai été amené à m'intéresser à une autre figurine en ivoire d'un roi (Akhenaton ?) vendue par le frère de votre grand-père, Fahim Kouchakji, en 1950 au Brooklyn Museum (inv. 50.76, déclarée fausse par la suite par M. Müller et R.S. Bianchi).

Auriez-vous l'amabilité de me signaler s'il existe des archives de votre grand oncle Fahim Kouchakji et, dans ce cas, où sont-elles conservées et sont-elles accessibles ?

En attendant d’avoir le plaisir de vous lire, de vous voir ou de vous entendre, et quelle que soit votre réponse, veuillez accepter, Madame, l’expression de mes respectueux hommages.

Marc